seijû gakuen
Aka: le couvent de la bête sacrée, school of the holy beast, convent of the sacred beast
Maya Takigawa, n'a jamais connu sa mère, décédée à sa naissance - 18 ans plus tôt. C'est donc légitimement qu'elle décide de savoir le pourquoi et le comment de sa conception en menant une enquête. Problème : la maman de Maya était une soeur, vivant dans un couvent, aussi fermé que peut l'être ce genre d'endroit. Seul moyen de mener son enquête : elle doit entrer dans les ordres.
Elle ne se doute pas en entrant dans ce couvent qu'elle y rencontrerait autant de vices que dans le monde extérieur. Voir plus.
Les films de nunsploitation sont toujours des objets cinématographiques à part, et s'ils traitent souvent de sujets plus ou moins différents, les motifs internes de ces films sont, bien évidemment, les péchés refoulés - et donc exacerbés - de nos camarades nonnes.
Nonnes qui en tout état de cause, devraient être exemptes de toute tentation - c'est pour cela qu'elles sont recluses - mais qui, le malin les chatouillant, n'arrivent pas à s'empêcher de pécher.
Pour leur part, les nonnes de "School of the Holy Beast" sont de bien beaux exemples de débauchées : alcool, homosexualité, masturbation, sadisme, masochisme, une certaine propension au châtiment corporel, etc. feraient de ce couvent un haut lieu de plaisir s'il n'était pas... un couvent justement.
Bien que mariées à Dieu, les jeunes femmes s'autorisent donc quelques incartades, à condition de ne pas se faire choper par la mère supérieure.
En m'arrêtant là, je peux vous laisser imaginer le tableau, voire la trame essentiel du film. Pendant que Maya remue la merde pour savoir ce qu'il s'est passé il y a dix-huit ans dans ce couvent, ses camarades lui dévoilent leur penchant pour la fête, des amitiés et des inimitiés se forment, et on assiste à toutes sortes d'infractions à l'ordre sacré. En gros, un de ces films érotiques des années 70, qui se sert de prétexte de nonnes pour montrer des filles à poils.
Pourtant, "School of the Holy Beast" n'est pas si fade que ça, et on le regarde avec un véritable plaisir. L'histoire est simple, mais bien menée, et on suit avec délectation le parcours des jeunes nonnes qui, il faut bien l'avouer, sont bien mieux foutues que Mère Theresa.
La réalisation quant à elle, est hyper soignée. Et c'est une caractéristique essentielle, puisque le film fait de l'esthétisme une de ses clés de voûtes : malgré les flagellations, les châtiments, les scènes de sexe (très prudes - n'oubliez pas que le Japon interdisait jusqu'il y a peu les poils), etc., tout est incroyablement lissé, esthétisé à outrance. Chaque plan est cadré avec un goût certain, la lumière à elle seule vaut son petit coup d'oeil. Finalement, on reconnaît le soin que l'on trouve dans la majorité des films de genre japonais (allez jetez un coup d'oeil aux films de Yokai, juste pour voir !). Cette volonté d'esthétisme chatoyant, limite pompier, anéantit toute velléité de sens, et le film bascule essentiellement dans la fable érotique. Du coup, on est loin de film plus trash comme "Flavia", jouant d'avantage sur le malsain et sa confrontation au sacré que sur "les nonnes et leurs têtons érectiles".
Non, non, non, non je vous dis : ici tout est propret, bon enfant, les dames se font fouettées avec des roses qui sentent bon, au ralenti, et tout est joli et délectable.
Fait surprenant, à force de voir les nonnes se balader les trois quarts du temps à moitié à poil, j'en suis venu à me questionner sur la représentation et l'implication du corps au sein des communautés monastiques, un sujet de philo gracieusement offert par AKA pour vos longues soirée d'hiver ! Pas sûr cependant que ce soit une volonté du réalisateur....
Alors oui : vous ne sortirez pas outré du "Couvent De La Bête Sacrée". Par contre, vous aurez passé un bon moment à regarder de jolies jeunes femmes déguisée en nonnes se caresser, se frapper, le tout agrémenter d'une histoire cohérente et intéressante, insérant ici et là quelques scènes de comédie (assez mal intégrées d'ailleurs, c'est d'ailleurs le seul reproche qu'on pourrait faire au film). Vous ne verrez pas un chef d'oeuvre du cinéma d'auteur japonais, mais un pur produit d'exploitation , avec une grosse dose de savoir faire. Hey, c'est déjà pas si mal !
La faiblesse de la chair
l'incontournable avis de orribile rene; Brillement commenté le 14/03/2010Moi, évêque d'Hippone en son temps et saint Augustin pour l'éternité, je voulais réagir humblement pour faire renaître à vos esprits quelques principes qui pourront je l'espère vous permettre de réfléchir avant de vous vautrer dans une sombre délectation visuelle du « Couvent de la Bête sacrée ».
Tout d'abord il faut vous mettre en garde, car vos yeux aiment les formes belles et variées, les couleurs éclatantes et agréables; alors puissent-elles ne pas retenir vos âmes! Amateurs de beautés extérieures, méfiez-vous. Mais outre la concupiscence de la chair, qui consiste dans la délectation voluptueuse de tous les sens, il y a dans l'âme une autre convoitise, qui s'exerce par les mêmes sens corporels: la vaine curiosité qui se couvre du nom de connaissance! Quelle horreur. Vous voulez voir par vice et prétendrez connaître. Car n'oubliez pas que si le plaisir recherche ce qui est beau, mélodieux, suave, savoureux, doux au toucher, la curiosité – ne niez pas ! Vous êtes curieux - , elle, veut aussi faire l'essai des impressions contraires, non pour s'exposer à une peine, mais par désir de faire des expériences et de connaître.
Par exemple, puisque vous vous promenez sur ce site, quel plaisir peut donner la vue d'un cadavre déchiré et qui fait horreur? Car qu'il en gise un quelque part, on accourt pour s'attrister et pâlir d'émoi. C'est justement cette maladie de la curiosité qui est à l'origine des exhibitions de monstres dans les spectacles. Alors arrêtez de déconner et fuyez ce site!
Certes, il ne faut pas attribuer tous les désordres à la chair, encore qu’elle excite en nous certains désirs déréglés. Cependant, on ne peut pas, comme dans « Le Couvent de la Bête sacrée », passer son temps dépoitraillé sans craindre des supplices éternels. Oui, je sais, vous allez me dire que de toute façon ce n'est pas la chair corruptible qui a rendu l'âme pécheresse mais que c'est bien plutôt l'âme pécheresse qui a rendu la chair corruptible. Si vous voulez, mais c'est pas la peine non plus de faire des folies de son corps tous les weekends sous prétexte de prétendre mieux lire saint Augustin que les autres.
De toute façon, pensez-vous, si ces pauvres nonnes pèchent, c'est parce que la vie préadamique, c'est fichu. Le péché nous a fait sortir de l'état de paix parfait, (summa in carne sanitas, in anima tota tranquillitas). Cependant, n'allez pas incriminer le seigneur, car « quia vero per liberum arbitrium Deum deseruit, justum judicium Dei expertus est » (De correptione et gratia, X, 28); autrement dit, c'est tout seul que l'homme s'est fourré dans la mouise. Voilà pourquoi elles « n'arrivent pas à s'empêcher de pécher » comme dit Maht dans sa critique de « Le Couvent de la Bête sacrée ».
Si elles pèchent, il peut être naturel de les punir, d'extraire d'elles le vice. Cependant, comment puis-je admettre que l'on utilise des bouquets de roses - certes avec leurs épines - comme instrument de flagellation, plutôt que le traditionnel fouet? Cette substitution ne cache-t-elle pas quelque chose ? Cela ne révèlerait-il pas la perfidie de celui qui aime flageller pour flageller et non flageller pour punir ? Ou bien, de la part du réalisateur, de flatter l'oeil plutôt que d'édifier l'âme?
Pour conclure ma petite intervention, je veux vous rappeler qu'ordinairement, quand la convoitise veut se satisfaire elle ne laisse pas de fuir le jour et les regards ; ce qui prouve que, même dans les lieux de débauche il a été plus aisé à l’impudicité de s’affranchir du joug des lois qu’à l’impudence de fermer tout asile à la pudeur. Malheureusement, je me demande si « Le Couvent de la Bête sacrée » ne remet en cause cette idée. Dans le doute, abstenez-vous, âmes faibles, de voir le film.